cîmes-enneigées

Ambiance, reconnaissance, respect …et bien-être au travail !

Un article du Blog de « Parlons RH » revient sur certains résultats d’un sondage réalisé fin 2017 par Opinion Way pour Hub One, sur le thème « Les français et le bien-être au travail ».

Cet article retient trois points concourant au bien-être au travail pour les français et en propose une jolie infographie (voir le lien tout à la fin) :

  1. L’ambiance de travail, pourvu qu’elle soit bienveillante et conviviale,
  2. La reconnaissance que le management donne à la qualité du travail,
  3. Le respect des collaborateurs et l’égalité de traitement pour chacun.

Ces résultats ne sont pas, de mon point de vue, surprenants et les praticiens des sciences sociales seront de mon avis pour sûr !

Ce pour plusieurs raisons.

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Sur le premier point, l’ambiance de travail;

 

 

Il me paraît significatif que ce critère se détache nettement des autres (avec un score de 29 % contre respectivement 13 % et 11 %) tant l’être humain a besoin d’autrui pour exister, communiquer, échanger, se confronter, et surtout participer à un tout. Ne dit-on pas que l’on existe à travers le regard des autres ? L’indifférence, n’est-elle pas insupportable ? Les neurosciences nous expliquent, par exemple, que le cerveau est naturellement attiré par les histoires mettant en scène des personnages à qui il arrive maintes péripéties. La sociologie, elle, nous explique ce besoin de « faire société » et de rejoindre les autres, au sein d’un clan, d’une tribu, d’un groupe. C’est, vous l’aurez pressenti bien sûr, la satisfaction du besoin d’appartenance (Maslow nous l’a bien dit…). Dans la sphère du travail, la culture d’entreprise, la culture de métier contribuent fortement à cette appartenance.

Mais, revenons à l’ambiance de travail, probablement, circonscrite à la proximité professionnelle, l’espace, le temps, les lieux de vie, mais aussi l’entraide, le coup de main, le clin d’œil entendu pour signifier le partage d’une impression, d’un ressenti. Le qualificatif « bienveillant », tellement mode aujourd’hui, mais aussi tellement essentiel : celui qui aide plutôt qu’il enfonce, la façon d’exprimer une remarque, celui qui réconforte d’une main posée sur l’épaule. La convivialité ensuite, synonyme de joies partagées, de boîtes de chocolat qui circulent pour fêter ceci ou cela, du café que l’on prend à plusieurs autour d’une table…. L’occasion bien souvent de faire circuler diverses informations sur le boulot, les psycho dynamiciens du travail le disent bien. Tous ces « petits riens » qui font tout.  Ces relations sociales qui se nouent dans l’entreprise prennent leur place dans le quotidien de l’individu. Lorsqu’une séparation se produit, qu’elle soit subie ou voulue, c’est une rupture à prendre en compte. C’est un tissu social qu’il faudra reconstruire ailleurs. Anxiogène pour beaucoup, n’est-ce pas ?

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Sur le deuxième point, la reconnaissance par le management du travail bien fait.

 

 

J’y vois deux composantes, vous me direz si vous êtes d’accord : d’abord la qualité du travail, ensuite sa reconnaissance par autrui, ici le management. Mais cela peut être la reconnaissance donnée par les pairs (ceux qui connaissent le boulot sont à même d’en évaluer la qualité, non ?), cela peut être la reconnaissance que l’on se donne à soi-même (la satisfaction éprouvée quand on constate « la belle ouvrage » que l’on vient d’accomplir). Cette qualité du travail nourrit l’estime de soi. Parce qu’on utilise ses compétences, son savoir- faire, son tour de main, son « tour d’esprit » à l’heure des nouvelles technologies. C’est ce que l’on met de soi dans le travail, c’est notre œuvre. Yves Clot[1] l’explique très bien, il suffit de se reporter à ses conférences, interviews ou à ses ouvrages (par exemple, « Le travail à cœur »).

La reconnaissance par le management. Il me semble qu’il y a une consistance ici perçue bien souvent de façon incomplète. Car, derrière, sont sous-entendus les efforts consentis pour faire un travail de qualité. Et ceux-là ne sont pas reconnus parce qu’ils ne sont pas visibles. C’est le travail « informel ». Par exemple, se débrouiller face à un bug, joindre Untel à l’autre bout du monde, remplacer tel autre au pied levé, répondre à une urgence, pallier la défection d’un fournisseur …. Toutes ces choses qui jouent sur la charge mentale et la fatigue. Justement ces décisions, ce système D, ces « trucs » inventifs déployés dans l’instant pour parer à l’imprévu, ne sont pas reconnus car invisibles aux yeux du management. N’entend-on pas dans les enquêtes « après tout ce que j’ai fait pour …. » ?

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Sur le troisième point, le respect et un traitement égalitaire pour tous.

 

 

Doit-on comprendre : considération, façon de communiquer, politesse, … Qu’ajouteriez-vous ? L’on sait bien pourtant que dans notre pays, avec notre histoire, notre culture n’est pas exempte de l’empreinte de Versailles. N’avez-vous jamais entendu « il fait sa cour », ou encore l’expression « baronnies », ……à ce sujet je conseille l’excellent livre de Philippe d’Iribarne « La logique de l’honneur ». L’auteur y décrit la culture dominante dans les entreprises françaises, qu’il compare à celles des USA et des Pays Bas. Passionnant.

S’agissant de l’égalité, doit-on entendre supprimer le favoritisme, le clientélisme, les préférences, … ? Doit-on entendre « justice » ? De vrais sujets bien sûr. Sans m’y aventurer davantage, je me permets juste de souligner l’importance des perceptions, des filtres que nous avons tous dans la façon d’analyser une situation. Nous sommes pétris de notre histoire de vie, de nos expériences, nous y avons construit nos convictions au gré des conclusions que nous en avons tirées.  Elles nous servent à évaluer, juger. Nous n’avons pas tous le même référentiel, c’est ainsi.

Voilà une réflexion que je vous partage, tant ce sujet du bien-être au travail m’inspire dans ma pratique quotidienne. J’en ai fait ma mission, vous le savez, sous un autre angle, celui de la bonne personne au bon poste, celui du sens, savoir pourquoi on se lève tous les matins, et le faire avec joie.

 

Source

Les Français et le bien-être au travail

[1] psycho dynamicien du travail, chaire au CNAM

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